Saint Nicolas du Pélem – Marie Perennes

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Je ne vous parlerai pas du grand bonhomme en rouge, mais de Saint Nicolas du Pélem (22) où naquit Marie Pérennes, mon arrière- arrière-grand-mère paternelle (branche adoptive).

Ce Saint Nicolas ne fut pas un cadeau dans mes recherches.

Je fus longtemps sur les traces de Marie ne sachant rien d’elle si ce n’est son nom sur l’acte de naissance de mon arrière-grand-père Maurice né le 23 juillet 1910 à Asnières sur Seine (92).

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Marie est alors âgée de 39 ans, sans profession, demeure 88 rue du Mesnil à Asnières. Maurice est fils de père non dénommé. Louis Chaboy est témoin de cette naissance.

Je savais par mon arrière-grand-mère Suzanne, que Maurice n’avait pas connu son père. Il ne parlait d’ailleurs jamais de sa famille.

Je me penche alors sur le recensement d’Asnières.  Je trouve bien Louis Chaboy, Maurice Pérennez (les deux orthographes sont fréquemment utilisées sur une même personne). Cette Mme Marie Métayer est-elle bien la mère de Maurice. S’il s’agit d’elle, est-elle mariée, divorcé ?

Je n’ai pu consulter le recensement suivant.

 

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A la lecture de son acte de naissance de Maurice, en mention marginale, il est écrit qu’il a été reconnu le 25 mai 1929 par Marie Pérennes à Saint Yzan du Soudiac en Gironde.

Son acte de mariage avec Suzanne, le 5 août 1933, indique que sa mère est décédée.

Direction la Gironde, à Saint Yzan du Soudiac pour rechercher l’acte de reconnaissance.

À la consultation des registres, je retrouve Marie. Elle s’est mariée le 12 juin 1929 avec Louis Chaboy.

Je sais désormais que Marie est née à Saint Nicolas du Pélem (côtes du Nord – aujourd’hui Côtes d’Armor) le 19 avril 1871. Elle est la fille de Jean-Marie Pérennes et de Philomène Guernevo, époux décédés à la date du mariage de Marie en 1929.

L’acte indique qu’elle est la veuve de Mathurin Métayer depuis le 14 novembre 1900. C’était bien ma Marie du recensement de 1911.

Louis est aussi veuf depuis le 28 janvier 1928 de marguerite Pauline Octavie Cerbonnet. Il est né le 22 mars 1878 à Rouen. Il est employé au chemin de fer.

Il fait peu de doute que Maurice est le fils de Louis. C’est du moins la conclusion à laquelle sont arrivés mon père et mon oncle.

Je trouve aussi l’acte de décès de Louis moins de 6 mois plus tard : le 9 décembre 1929.

C’est un certain Eugène Métayer, 33 ans, mécanicien, domicilié Palais sur Vienne (haute Vienne) qui fait la déclaration. Et c’est le beau-fils de Louis.

Maurice a un frère !!!

Le déplacement valait la peine.

Je sais désormais :

Marie est né le 19 avril 1871 à Saint Nicolas du Pélèm (22)

Elle a été mariée une première fois avec Mathurin Métayer

Elle a deux enfants : Eugène et Maurice.

Elle vit avec Louis et la mère de celui-ci au moins en 1911.

Louis n’a pas reconnu Maurice.

Je pars à la recherche de la vie de Marie que Maurice a quelque peu occulté mais il devait avoir ses raisons. Il nous a toutefois laissé son portrait.

L’acte de Naissance de Marie est une mention marginale sur l’acte d’une autre personne. Un peu comme si dès sa naissance, elle était invisible. Je suis passée et repassée sur cette page sans voir la mention.

A l’époque où j’ai commencé mes recherches sur Marie, j’avais consulté Geneanet, elle n’apparaît jamais dans les enfants du couple Jean Marie Perennez et Marie Philomène Guernevo.

Je finis par trouver l’acte sur celui de Françoise BURLOT.

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Sa naissance est reconnue et légitimée par un jugement du tribunal civil de Guingamp du 8 octobre 1892.

Pas de mention de son mariage avec Mathurin Métayer mais celui avec Louis est bien noté ainsi que son décès qui ne correspond pas à ce qui est inscrit sur l’acte de mariage de Maurice. On avance…

Je conclus à la lecture de cet acte que c’est au moment de mariage qu’elle a su qu’elle n’avait pas été déclarée, d’où la demande de rectification. Pourquoi cet oubli ?

En épluchant les tables décennales à la recherche du mariage, je trouve une « Maria Métayer », qui après lecture s’avère être la fille de Marie et Mathurin. Ils demeurent à Versailles (78).

Je retrouve vite leur acte de mariage le 17 décembre 1892. Mathurin est cordonnier et Marie Journalière.

Maria née le 11 janvier 1895 à Saint Nicolas du Pélem. Ensuite Eugène Louis le 2 octobre 1896 à Versailles et enfin Pierre n é le 13 décembre 1899 aussi à Versailles.

Mathurin décède le 14 novembre 1900.

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C’est la sœur de Marie, Maria Perennès, sa sœur qui est témoin accompagnée de Gustave Victor Haincourt, à défaut de parent et de voisin. Où est passé Marie ?

Recensement de 1901 :

Maria, fille de Marie et Mathurin vit chez sa grand-mère Paternelle Marguerite THOMAS à Lanrivain. Le grand-père est décédé le 22 octobre 1900, 3 semaines avant son fils. Marie est-elle à Lanrivain au moment du décès de Mathurin ?

Pierre vit chez ses grands-parents maternels à Saint Nicolas du Pélem

A Versailles au 10 rue des 2 portes, il n’y a plus personne. Marie et Eugène ont disparu.

La famille est explosée.

Recensement de 1906 :

Maria est toujours à Lanrivain chez sa grand-mère.

Eugène est à Saint Nicolas et c’est fois c’est Pierre et Marie dont je perds la trace.

Marie a-t-elle déjà rencontré Louis Chaboy ?

Beaucoup de questions restent sans réponse.

Peut-être que le dossier de Louis Chaboy, employé au chemin de fer, lèvera une partie du voile sur l’histoire de Marie.

Marie est inscrite décédée en 1933 sur l’acte de mariage de Maurice puis en 1954 à Plounévez – Quentin (22) ???

Là encore, un nouveau mystère. A la mairie de Plounévez-Quentin, point de trace de ce décès, pas plus qu’à Saint Nicolas du Pélem où la mention a été faite, ni à Lanrivain (village de naissance de Mathurin et de Jean Marie Pérennes (père de Marie).

L’été dernier, visite des cimetières de ces 3 communes, en vain. Aucune tombe ne porte le nom de Marie ou de ses parents. Je ne sais pas où est enterrée Marie.

Le destin de Marie me touche.

Quel évènement a empêché sa déclaration de naissance ? Pourquoi son acte de décès est-il introuvable ?

Marie est une ombre que je souhaite faire revivre. Saint Nicolas du Pélem me doit un cadeau.

A suivre …

N’hésitez pas à me contacter si vous avez une information.

Anaïs CURVEUR, 12 ans, Reyssouze, 1896

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« Vivez longtemps soyez heureux

Bien chers Parents ce sont mes vœux »

Anaïs CURVEUR

 12 ans

 Reyssouze, 1896

 

A la lecture des tables décennales de Reyssouze, je découvre qu’Anaïs CURVEUR, se nomme en fait Marie Anaïs COUDURIER – CURVEUR. Mais je trouve deux Anaïs, l’une née en 1884 l’autre en 1887.

Anaïs a brodé qu’elle avait 12 ans en 1896, donc elle serait née en 1884.

Je pars donc sur la trace d’Anaïs COUDURIER-CURVEUR née en 1884

Anaïs nous raconte qu’elle est née le 20 janvier 1884 à Reyssouze.

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Archives de l’Ain – FRAD001 _ EC LOT79879 – p1/23

Reyssouze est une petite commune de l’Ain au Nord de Mâcon. Elle a été créée en 1845 suite au remembrement de Gorrevod. Elle est bordée la Saône et au nord par la rivière la Reyssouze.

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Elle est certainement née dans la maison familiale, peut-être dans une ferme bressane comme il y en avait encore un certain nombre à la fin du 19° siècle.

Un grand nombre de fermes avait ces cheminées très particulières appelées cheminée sarrasine. Leur origine reste mystérieuse. Elles ressemblent cheminées aragonaises traditionnelles en Haut Aragon, dans les Pyrénées espagnoles. À l’extérieur, cette cheminée typique à l’aspect d’un minaret ou d’un petit clocher. Généralement surmontée d’une croix, elle correspond avec un foyer placé au centre de la pièce, dont on pouvait faire complètement le tour.

Ce sont des cheminées importantes par leur taille et ouverte où l’on se rassemblait pour « dépiller » le maïs, filer le chanvre.

Au XVIIIe siècle, ces cheminées étaient considérées d’un autre âge, de là, certainement, l’appellation de « sarrasines », et non pas en vertu d’une origine mauresque.

En 2007, il en restait exactement trente-quatre.

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Une ferme bressane avec cheminée sarrasine.

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Elle est la fille de Joseph Philibert COUDURIER-CURVEUR et Marie Joséphine BUCILLAT, tous deux cultivateurs.

Son père est né le 11 février 1859 à Reyssouze et sa mère le 1er février 1863 à Ozan, commune voisine.

Ils se marient à Ozan le 2 novembre 1882 (à 8 km au sud de Reyssouze).

La famille d’Anaïs est marquée par la mort de ces deux petits frères Pierre Marie Alexandre à l’âge de 4 mois et Félix Alphonse à l’âge de 17 jours. Elle aura ensuite une petite sœur de 8 ans sa cadette, Antoinette.

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Elle passe son enfance dans ce village d’environ 850 à 900 habitants à la fin du XIX°. Reyssouze est village traversée à l’époque d’une seule grande rue principale et possède une belle école – Mairie

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En 1896, Anaïs termine son marquoir qu’elle dédie à ses parents comme beaucoup de fillettes le font. On peut imaginer la joie de ses parents devant un si belle ouvrage.

Pour arriver à ce résultat, il y eu certainement de longues heures d’apprentissage.

La couture faisait partie du travail manuel. Cette activité était réalisée l’après-midi une à deux fois par semaine selon les écoles. Il était dirigé par la femme de l’instituteur si ce dernier était marié, sinon par une institutrice formée à cet effet.

Ces travaux étaient divisés en deux parties : les travaux nécessaires et indispensables tel le marquage du linge (utile pour le lavage du linge au lavoir qu’il fallait pouvoir reconnaître), le tricot et les travaux utiles et agréables comme la broderie, la tapisserie, la dentelle.

Les travaux d’aiguilles sont inclus depuis la loi du 28 mars 1882 dans l’éducation physique ce qui n’est pas le cas des travaux manuels des garçons.

Le bulletin de l’Instruction Publique indique : « Le cours moyen impose la réalisation « d’un alphabet et chiffres » sur toile, ultime étape de cette pratique débutée au cours élémentaire par l’étude du point de canevas … appliqué aux lettres de l’alphabet en commençant par les plus simples »

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Elle épouse Pierre Marie BOURGEOIS, âgé de 25 ans et cultivateur, le 5 avril 1900.

Anaïs a à peine 16 ans le jour de son mariage (la majorité nuptiale était à 21 ans à cette époque là).

En 1901, le couple est installé à Reyssouze en 1901.

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Très vite ils partiront à Mâcon à 20 km au sud de Reyssouze, sans doute pour y trouver du travail.

La fiche de matricule de Pierre fait état de 2 adresses à Mâcon.

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Rue de Paris

Je ne l’ai pas retrouvé au recensement de 1906 mais à celui de 1911, ils habitent bien à l’adresse indiquée.

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Rue de la Barre – Macon – 6MMacon_1911/2 – p 4/185

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On voit sur l’état de recensement, que Pierre est devenu tourneur, mais il n’y a pas d’enfant. Pas d’enfant non plus sur les recensements des villages où vivent leurs parents.

1914, Pierre est mobilisé et intègre le 55° régiment, le 17 août. Que fait Anaïs durant cette période ?

En 1916, Pierre est réformé pour une bronchite chronique le 11 mars 1916. Il est détaché à L’île Seguin. Participe-t-il à la fabrication du char FT17. Anaïs gagne-t-elle Billancourt ?

1918, il revient à Mâcon où il décède le 12 janvier 1918 à l’hôpital.

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Registre de Matricule Pierre Marie Bourgeois classe 1894 – Bourg en Bresse

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Table de succession Mâcon 3Q 1574 –  1916 – 1918 p 24/200

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Triste année pour Anaïs. Je perds sa trace. Si en 1918 elle habite rue Lacretelle, au recensement de 1921 et jusqu’à son décès en 1958 à Reyssouze elle n’apparaît plus, ni à Mçacon, ni à Reyssouze ni à Arbigny.

Une visite aux Archives de l’Ain s’impose

Sources :              

Reflets de Soie : http://www.reflets-de-soie.fr/

Archives de l’Ain : http://www.archives.ain.fr/archive/recherche/etatcivil/n:88

Archives de la Saône et Loire :

http://www.archives71.fr/article.php?larub=30&titre=familles-et-individus

Cartes Postales : http://www.delcampe.net

Emploi du temps : Musée National de l’Education

https://www.reseau-canope.fr/musee/collections/fr/museum/mne

Ferme bressane :

http://patrimoines.ain.fr/n/musee-de-la-bresse-domaine-des-planons/n:810

 

 

 

 

 

 

Ceux de 14 -18

En ce jour du 11 novembre, un hommage aux hommes de mes familles biologique paternelle, maternelle, adoptive et maritale.

Dans l’ensemble beaucoup revinrent mais dans quel état …

Famille Biologique paternelle : 

Jean Prosper Théodule VUILLEMARD

mon grand père

35° régiment d’infanterie

Naissance : 23/6/1897 – Décès : 18/6/1974

Il reviendra blessé et recevra la légion d’honneur en 1960,

Famille maternelle :  

Camille François MOYNE

(arrière grand oncle maternelle)

4° régiment d’artillerie de campagne

Naissance : 2/3/1894 – Décès : 9/1974

Joseph Eugene MOYNE

(mon arrière grand-père maternelle)

217° régiment d’infanterie

Naissance : 20/8/1884 – Décès : 1936

Famille adoptive paternelle :

Gustave Marie Alexandre MALNOU

(arrière grand oncle maternelle de mon père)

4° section d’Infirmiers Militaires

Naissance : 15/3/1880 – Décès : 29/11/1915

Marie Gabriel Marcel MALNOU 

(arrière grand oncle maternelle de mon père)

103 Régiment d’Infanterie

106° régiment d’infanterie

Naissance : 10/5/1887 – décédé après 1923

Jules CARDENET

(arrière grand oncle paternelle de mon père)

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65° Régiment d’Infanterie

Naissance : 1/5/1875 – Décès : 22/10/1918

Abel CARDENET 

(grand père paternelle de mon père)

261° régiment d’infanterie territoriale (261e RIT)

Naissance : 22/2/1872 – Décès : 12/3/1951

Jeanne Marie Victorine BOURNIQUE épouse ANDRE

Dimanche 30 octobre, petite virée à Nancy.

nancy-musee-des-beaux-artsVisite au Musée des Beaux Arts place Stanislas.

De belles découvertes qui feront bientôt l’objet de prochains articles

Laura Leroux-Revault, peintre (1872-1936)

Marie Anne-Collot, sculpteur (1748-1821)

Emile Friant, peintre (1863 – 1932),

Direction ensuite le Musée de l’Ecole de Nancy

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au fil des pièces de cette demeure ayant appartenu à M. Eugène Corbin, je découvre ce bel objet. Je rêve de broder sur un tel métier.

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Il est noté qu’il a appartenu à Mme André. La broderie tendue sur le métier est-elle à elle?

Je ne peux m’empêcher de laisser vagabonder mon esprit et de chercher déjà qui est cette Mme ANDRE.

De retour  à Strasbourg, je me mets à sa recherche.

Mme ANDRE est l’épouse d’Emile ANDRE, architecte. Si l’on trouve beaucoup d’information sur cet homme, il n’est jamais fait mention de son épouse. De ses fils oui, puisque ces derniers prendront la suite de leur père.

Je consulte alors les archives de la Meurthe et Moselle.

Je retrouve facilement le mariage de François Emile ANDRE avec une certaine Jeanne Marie Victorine BOURNIQUE.

Elle est née le 16 novembre 1877 à Nancy.

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Ses parents habitent à cette époque au 51 place Saint Jean aujourd’hui la place Maginot.

nancy094aSon acte de naissance indique que son père est négociant. Il a créé deux ans plus tôt, une société d’épicerie et de droguerie en gros pour un capital équivalent à 465 000€ en 2015. (source INSEE)1Sa mère est la fille du bijoutier André KAUFFER et de Joséphine KUNTZ

La famille de son père est originaire de Petitmont, proche de Lunéville, y a-t-elle appris la broderie?

Son grand-père paternel était polisseur de glace et sa grand-mère propriétaire.

Elle épousera François Emile ANDRE le 15 juillet 1902.

Elle se verra offrir lors de ses fiançailles un vase d’Emile GALLE

emile-galle-vase-encolies-1902-1291Je n’ai pour le moment retrouvé aucune trace d’un portrait de Jeanne. Une visite au archives de Meurthe et Moselle s’impose.

à bientôt pour la suite…

Sources:

Acte de naissance  : AD Meurthe et Moselle

Photos de Nancy : http://observatoiredespaysages.fr/nancy/

Photos métier à broder : archives personnelles

Photos Musée de l’Ecole de Nancy et vase Emile GALLE : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=presentation-men

 

Léontine GUIGUE âgée de 12 ans, de Buellas, le 25 mars 1900

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Marquoir : REFLETS de SOIE

https://shop.strato.com/epages/62027478.sf/sec2fe60f8118/?ObjectPath=/Shops/62027478/Products/RDS056 

Léontine est née le 04 octobre 1887 à Montracol, petite commune à la porte des Dombes, à 8 kms à l’ouest de Bourg en Bresse dans l’Ain.

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Montracol

Elle est née dans la maison familiale, au hameau « Les métairies », dans une ferme qui devait ressembler à celle-ci (la commune de Bény est à quelques kilomètres de Montracol, au nord de Bourg en Bresse)

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Elle est la fille de Marie Joseph GUIGUE et Marie Léontine GIROD, tous deux cultivateurs.

Son père est né le 18 juillet 1858 à Montracol et sa mère le 8 septembre 1864 à Buellas, commune voisine.

Ils se marient à Buellas le 4 avril 1885 et s’installent au début de leur union dans la ferme des grands-parents paternels de Léontine.  Il a été fait un contrat de mariage chez Maître Claude Marie Auguste MICHEL à Bourg en Bresse.

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http://www.archives.ain.fr/ark:/22231/vta217d8c22818f63ba/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_b1fac0b7ae6e778bcfc19506837f0985#id:1031664782

Léontine est fille unique. La vie dans une ferme bressane à la fin du 19ème siècle était dure. Tout le monde vivait dans la même pièce dont le sol était fait de terre battue. Il n’y avait ni eau courante, ni électricité.

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Recensement Montracol 1886 : p 6/18 L 4143

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 Recensement -Montracol – 1891 : p 6/14 L 4144

Léontine ne connaîtra pas sa grand-mère paternelle, Françoise Myard est décédée le 5 novembre 1886 presque 5 mois après le recensement du 9 juin 1886.

Je perds leurs traces au recensement de 1891, ils n’apparaissent ni à Montracol, ni à Buellas à cette date. Ils sont présents en 1896 à Buellas, au hameau de la Rosière. Hameau où Léontine vivra jusqu’au moins jusqu’en 1936. Ensuite une visite aux Archives de l’Ain s’impose.

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Buellas eut deux écoles, l’une au bourg l’autre au hameau de Corgenon. L’école du bourg était la plus proche du hameau de La Rosière. Il est fort probable que Léontine y fut scolarisé.

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C’était une école publique mixte, mais pas au sens où on l’entend aujourd’hui. Il y avait une classe pour les filles et une autre pour les garçons. Comme l’était aussi les logements des instituteurs depuis 1877 (suite au décès de Mme Prost Institutrice et épouse de M. Prost, lui-même instituteur).

(Source : Journal communal de Buellas N°12 – article de M. Gérard Froger)

Elle y apprit à lire, à écrire, à compter mais aussi à coudre comme toutes les petites filles.

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Sans doute acheta-t-elle son coton à broder dans la mercerie, épicerie du village. Ses travaux d’aiguilles ne se limiteront pas à ce magnifique marquoir, il lui aura fallu marquer son trousseau en prévision de son futur mariage qui eût lieu le 29 novembre 1906 à Buellas. Elle épouse Léon Hippolyte NEVEU, âgé de 25 ans cultivateur.

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Léontine perd son père le 9 décembre 1908. Sa mère s’installe au bourg, seule, elle se remariera en 1919 avec Claude Marie Frédéric JOUVRAY et se réinstalle au hameau de la Rosière, elle y résidera jusqu’au 1931. Elle est absente du recensement de 1936, peut être décédée.

Léontine aura 4 enfants :

Auguste Léon Marcel : 18 septembre 1907 – 20 janvier 1915

Victor Joseph Joanny : 2 mai 1909

Paul Lucien : 14 avril 1914

Et une petite Léa née en 1920.

En 1936 Léontine vit toujours à Buellas avec Hippolyte. Ils seront épargnés par la guerre de 14/18. Hippolyte ajourné à deux reprises pour faiblesse, sera maintenu au service auxiliaire du 53ème régiment d’infanterie, jusqu’à sa démobilisation le 27 février 1919.

Léontine décèdera à Buellas le 1er février 1952.

Source :

Reflets de Soie : http://www.reflets-de-soie.fr/

Archives de l’Ain : http://www.archives.ain.fr/archive/recherche/etatcivil/n:88

Journal Communal de Buellas : Les Echos du Patrimoine

http://www.buellas.fr/associations.php?cat=associations&idAssoc=491

 

 

 

A la Recherche des Petites Brodeuses

Les petites brodeuses de marquoirs

C’est au XIX° que ce type de broderie connait ses heures de gloire. La broderie faisant partie de l’éducation des filles, au même titre que la lecture, l’écriture, le calcul ; l’école devenant obligatoire, elle devient un exercice obligé pour les fillettes entre 7 et 13 ans.

Elles commençaient par des exercices de marquage du linge (uniquement les initiales), en vue de la constitution de leur trousseau. Cela permettait aussi de reconnaître son linge lors des lessives communes aux lavoirs.

Elles brodaient ensuite les lettres de l’alphabet, souvent de belles lettres gothiques, les majuscules, les minuscules, les chiffres.

A partir de 1870, sont apparues les grilles, avec leurs multitudes de motifs floraux, animaliers mais aussi de scènes bucoliques, des motifs religieux.

Le marquoir était brodé sur du lin ou du coton avec un fil de laine ou de coton. Avant l’apparition des grilles de Berlin, le rouge était la couleur principale car symbole de vie, du sang, des menstruations.

Il y figure fréquemment les nom et prénoms des jeunes filles, une date soit de naissance soit celle à laquelle le marquoir est terminé, et un lieu de résidence.

Il était souvent offert aux parents ou lors de festivité : communion, mariage, anniversaire …

Le marquoir est en fait le chef d’œuvre de l’écolière. Il est réalisé majoritairement dans la douzième année de la jeune fille.

De20161026_133117 nombreuses entreprises tels Sajou, Thiriez et Cartier Bresson, DMC créent des petits livrets (aujourd’hui rééditer notamment par Sajou : http://www.sajou.fr/fr/438-albums-sajou-bleus-point-de-croix) qui deviennent de véritables mines d’or pour les brodeuses en herbes qui les utiliseront pour leurs compositions

Avec Isabelle Mazabraud de Reflets de Soie ( http://www.reflets-de-soie.fr/), nous allons vous emmener sur les traces de ces petites brodeuses.

Petite bio d’Isabelle :

Fille de brodeuse, Isabelle Mazabraud-Kerlan a toujours vécu entourée de broderie, sa maman ayant une formation de brodeuse professionnelle. Et même si celle-ci a toujours refusé d’exercer son art, Isabelle a eu le bonheur de profiter de ses pièces d’études et de ses conseils.

Après des études d’Ingénieur et 12 ans dans une grande entreprise de Travaux Publics, l’aiguille, le fil et les marquoirs anciens ont finalement repris le dessus.

Chineuse dans l’âme, elle aime faire revivre tous ces ouvrages brodés par les jeunes filles du XIXème et début XXème siècle. Des ouvrages parfois simples voire maladroits et pourtant si touchants.
Depuis 2003, Reflets de Soie, sa marque, prend son essor en France mais aussi dans le monde entier.
La collaboration avec Sandrine permettra de ne pas perdre le fil de l’Histoire.

Le voyage commence en Rhône Alpes Auvergne, se poursuit par les Pays de Loire, la Normandie, les Hauts de France, l’Ile de France et enfin le Grand Est.

Rendez-vous dès demain avec Léontine Guigue de Buellas dans l’Ain

Au nom de la mère

J’ai assisté le 6 octobre à la BNU de Strasbourg à une table ronde organisée par la FCE (Femmes Chefs d’Entreprise – http://www.fcefrance.com/delegation/Strasbourg et la page FB : https://www.facebook.com/FCEBASRHIN/?fref=ts), ayant pour pour thème : oser entreprendre, regards croisés integénérationnels.
Partage d’expériences sur l’entrepreunariat au féminin et rappel de la place de la femme dans le monde du travail.
Au sortir de cette table ronde, discussion avec une jeune avocate sur la place de la femme dans la transmission du nom de famille. Une personne de sa famille avait réalisé l’arbre généalogique, mais il avait réalisé un arbre agnatique.
La succession agnatique, est une succession dans laquelle les hommes succèdent aux hommes excluant de fait les femmes.
Elle en fut choquée, ne comprenant pas que l’on puisse gommer ainsi toute une partie de l’histoire familiale.

Je lui expliquais qu’il en était souvent ainsi puisque nous vivons dans une société patriarcale, et que souvent, même sans vouloir offenser quiconque, la partie féminime de l’arbre est laissée de côté.

Notre discussion se porta naturellement sur la loi sur le nom  de famille (loi du n° 2002-304 du 4 mars 2002 relative au nom de famille  :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000593399&categorieLien=id).

Si cette loi, à terme, compliquera peut-être les recherches généalogiques dans les prochaines années, elle répare à mon sens « cette erreur » qui est de donner systématiquement le nom du père à un enfant. Et ce « reniant » complètement le nom de la mère : comme si chaque enfant n’était que le fruit du père.

Si nous vivions dans une société matrilinéaire (se dit d’un mode de filiation et d’organisation sociale dans lequel seule l’ascendance maternelle est prise en compte pour la transmission du nom, des privilèges, de l’appartenance à un clan ou une classe – source Larousse), les mères célibataires (je n’aime pas le terme de fille-mère) auraient-elles connu le rejet qui fut le leur si souvent?

Pourquoi une majorité de généalogistes passent sous silence les branches féminimes?

Je n’ai pas de réponse à cette question. Toutefois au regard des témoignages que j’ai pu recueillir,  il apparaît que seul compte le patronyme et non la dimension psychologique.

Si le nom s’était transmis par les femmes, nombre d’enfants nés de père inconnu n’auraient peut-être pas vécu cette « honte » puisque la perception de la transmission  de la filiation biologique aurait été féminine et nom masculine.

La seule filiation biologique dont on peut être certain, est celle de la mère. Il aurait été juste de fait que l’enfant porte alors le nom de sa mère.

Je ne remets pas en cause la place du père mais au vu de mes recherches personnelles, j’ai remarqué, dans ma famille biologique paternelle, que le nom de famille s’était transmis par les femmes. Des femmes célibataires, souvent méprisées et laissées pour compte.

Dans ma famille biologique paternelle, mon grand-père Jean VUILLEMARD (1897- 1974) est né d’Augustine Marie Lydie (1876 – 1961), célibataire. Le père d’Augustine, Auguste Célestin (1852 – 1930) est né aussi de père inconnu. Il est le fils de Marie Françoise Joséphine (1822 – 1854), elle même fille de Marie Françoise Justine (1796 – 1880).

Sur 7 générations, 5 générations auront transmis au féminim.

De quoi se poser des questions sur la transmission du nom.

Si j’avais « hérité » de la branche féminine de mon arbre, je me serai posé beaucoup moins de questions sur mes orgines.

Alors Mesdames et Messieurs les généalogistes essayez de faire des arbres cognatiques et non agnatiques.

Merci au législateur d’avoir permis aux femmes de transmettre leur nom – en dehors d’une filiation naturelle – même si aujourd’hui seulement 0.65% (source INSEE) des parents font ce choix sans contrainte (6.5% lorque la mère est seule)

Et vous, qu’en pensez-vous?