Marius ROUX et la loi de 1901

1905, loi de séparation de l’église et de l’état où le choix d’une carrière.

Le 9 décembre 1905 était promulguée la loi de séparation de l’église et de l’état. Auparavant une loi dite « anticléricale » fut votée : la loi du 1er juillet 1901 de Waldeck ROUSSEAU qui interdit notamment l’enseignement aux congrégations religieuses non autorisées. Cette loi amena le grand-père de mon mari à faire le choix de « l’école libre ».

Il y a 2 ans mon beau-père suite aux recherches que je faisais sur la famille ROUX, me remit un cahier d’écolier bleu qu’il avait couvert d’une très belle écriture. Ce cahier était les prémices de découvertes qui allaient m’amener à écrire mon premier récit de vie.

Son père, Baptiste Irénée Marius (grand-père de mon mari) est né le 25 décembre 1881 à Flavin dans l’Aveyron.

famille-roux

Fils de cultivateur, sa mère Rosalie ROUQUETTE avait mis un point d’honneur à ce que ses enfants ne soient point louer.

En 1897, il choisit d’être instituteur, et entre à l’école normale (sans doute avec une dérogation n’ayant 16 ans que le 25 décembre de l’année 1897).

 

Ecole Normale d’Instituteurs – Rodez

 

Ainsi Marius n’est plus une charge pour la famille suite au décès de sa mère.

En effet, grâce à la loi du 16 juin 1881, les études ainsi que la pension deviennent gratuites. La distinction qui existait entre élèves payants et élèves boursiers disparaît. Avant cette loi, la pension payée par les familles très modestes, pouvait être diminué par l’obtention d’une bourse suivant les résultats scolaires.

Un internat est mis en place en remplacement du système monacal. Pourtant rien ne change vraiment. « Le levé est fixé à cinq heure en été et à six en hiver, le coucher est à neuf heure ». L’épaisse soupe du petit déjeuner est servie après deux heures d’étude à jeun. Tout normalien portait un uniforme strict à casquette et longue redingote noire à liseré violet.

Pour entrer à l’Ecole Normale il fallait avoir le brevet élémentaire équivalent du certificat d’étude primaire. Les études était de 3 ans dont deux années pour préparer le brevet supérieur.

Au début 1900 Marius est nommé instituteur stagiaire à « l’école libre » du Beffroi à Millau.

Ecole du Beffroi – Millau – Aveyron

Il y reste 3 ans et fut témoin d’un événement qui l’ébranla quelque peu.

Le 1er mai 1903, dans le climat tendu suite à la loi de 1901, les capucins de Rodez sont expulsés de leur couvent. Il verra les ouvrières des manufactures gantières, ciseaux à la main, menaçaient de « faire une boutonnière » aux policiers qui approchaient du couvent. Elles s’étaient rassemblées suite au tocsin sonné par l’église de Notre Dame de l’Espinasse à Millau.

Couvent des Capucins - Expulsion 1903 - Millau - Aveyron
Couvent des Capucins – Expulsion 1903 – Millau – Aveyron

Marius racontait souvent combien la population ouvrière était attachée aux capucins car ils aidaient « les malheureux et les malades ».

journal-du-loiret-1903
Journal du Loiret 30 avril 1903 – Archives du Loiret

Ces évènements le conforteront dans son engagement dans « l’école libre ».

Marius enseignera ensuite à Villefranche, puis à Luc la Primaube où il sera régulièrement en désaccord avec son inspecteur, notamment parce qu’il avait manifesté son désaccord lorsqu’il fut question que le jardin du curé de Luc la Primaube soit affecté par la commune à d’autres projets. Le curé se servait de ce jardin pour aider les familles pauvres à se nourrir.

Il se marie en 1922 avec Rosalie VERNHES, elle aussi institutrice libre à Flavin. Ensemble ils feront leur carrière à l’école Saint Charles de Gaillac dans le Tarn.

Le choix de l’école libre est à croiser avec ses opinions et au sens du partage tel qu’il l’entendait. De nombreux enfants seront scolarisés gratuitement et bénéficieront de la d’un service de cantine gratuit lui aussi. Pour lui l’école pour tous n’était pas une question de loi mais une conviction profonde de partage.

Marius ROUX et Rosalie VERNHES