8 décembre – Marie MOYNE

Il y a 96 ans aujourd’hui, jour de la conception de Marie, naissait ma grand-mère maternelle, qui bien sûr fut nommé Marie … Aimée.

Ses parents Joseph Eugène MOYNE et Aimée Pierrette THEVENET s’étaient mariés en 1909 à Champagnat, petit village près de Cuiseaux en Saône et Loire.

Elle est la 6ème enfant d’une fratrie de 7 enfants. 5 frères avant elle et ensuite une petite sœur.

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Elle est issue d’une famille paysanne propriétaire, bressane par son père, jurassienne pas sa mère. Elle se disait jurassienne et enfant, j’aimais la taquiner sur ce fait.

Elle parlait peu de son enfance. Sur cette photo c’est la petite fille à la mine renfrognée à gauche, sa sœur était toujours souriante et elle, Marie « ronchon ». Il manque Raymond sur la photo.

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Famille Moyne 1928

Elle est issue d’une famille paysanne assez aisée pour l’époque. Ils vivaient dans la ferme des parents d’Eugène.

La famille sera marquée d’abord par la perte de Marcel. J’ai découvert l’existence de ce petit garçon dans les registres d’état civil. Je n’ai jamais entendu parler de la mort de cet enfant.

Eugène sera soldat durant toute la période de la guerre de 14-18. D’abord au 109 ° RI puis au 217° RI. Il sera blessé au talon par une balle le 15  août 1916 mais ne rentrera chez lui qu’en 1919.

En 1925, Adèle GOLLION, la mère d’Eugène décède. La succession sera longue. C’est des frères d’Eugène qui hériteront de la ferme familiale.

La famille quitte Champagnat et partiront à Graye et Charnay, dans le Jura en 1928.

Ma grand-mère ira à l’école jusqu’au certificat d’étude et sera ensuite « placée » comme bonne chez un notable de Coligny (dans l’Ain à 20 kms au sud).

En 1936, Eugène décède, laissant la famille désemparée. Joseph s’est marié. La maison devient petite.

Pierrette repart alors dans son village natal de Balanod.

La guerre éclate, Marie est toujours à Coligny. Joseph, Camille et Raymond sont mobilisés. Raymond sera fait prisonnier en 1940 et décèdera en captivité en 1941. Je ne sais pas ce que deviennent Aimée et Edmond.

Pendant la guerre, Marie fera souvent à vélo, l’aller-retour entre Graye et Charnay , Balanod et Coligny, allant au « ravitaillement » à la ferme de Joseph.

Lieux de vie de Marie

Marie, jeune fille, rêvait d’être infirmière. Cela restera un rêve.

La guerre finie, elle a 25 ans et rencontre Raymond qui revient de camp de prisonniers où il a passé 5 ans.

Evadé à 2 reprises, il rentre d’Allemagne blessé physiquement et surtout psychiquement de ce qu’il a enduré.

C’est deux solitudes qui se rencontrent. Ils se marient le 8 janvier 1946 à Saint Amour.

Raymond Marie 1946

Drôle de photo de mariage, un peu tristounette. Marie a toujours ce regard que je lui verrai longtemps. Mon grand-père saura faire preuve de résilience. Il était beaucoup plus gai que Marie.

Marie avait la réputation d’être femme forte et au caractère trempée.

Au début de leur union, ils habiteront au rez-de-chaussée de ce que l’on appelle à Saint Amour la maison Lamartine. Alphonse de Lamartine n’habitera jamais cette maison, il y viendra en villégiature. C’était l’hotel particulier de sa nièce.

maison Lamartine

3 enfants naîtront dans cette maison dont ma mère qui aimait beaucoup se cacher dans les multiples placards muraux qui « tapissaient » les murs de cette grande bâtisse.

Au cours des années 50, ils feront construire une maison sur les hauteurs de Saint Amour.

Une petite maison car aux dires de ma grand-mère : « la banque avait estimé que c’était suffisant pour des ouvriers ». Ils pourront dans les années 60, faire une extension.

Marie élevait ses enfants et était nourrice, Raymond travaillait à la ville comme cantonnier.

Naitront encore 4 enfants, mais comme sa mère, elle perdra son 4ème enfant.

Ce petit monde grandira et jouera dans le grand jardin où Marie et Raymond feront pousser fruits et légumes qui laissent encore de souvenirs de saveurs inégalées.

Les enfants partiront, les petits enfants arriveront dès 1969. Je suis l’ainée de 14 mouflets comme disait Marie.  Marie connaîtra ses 4 premiers arrières – petits – enfants.

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Marie Raymond et moi 1969

Elle nous a quitté il y a déjà 18 ans. Elle laisse un grand vide. Elle m’a tant appris tout au long de ces vacances que je passais chez mes grands – parents ; que pas un jour ne passe sans que je répète un geste qu’elle m’a appris.

Je fais mes gâteaux dans ses moules, je cuisine dans sa cocotte en fonte. Si je sais me servir d’aiguille c’est grâce à elle.

Sa vie fut une vie de labeur entre une famille nombreuse, un mari marqué par les années de captivité allemande, un grand jardin à entretenir pour nourrir son petit monde, la perte d’un enfant, d’un petit fils, d’une arrière-petite-fille.

Je ne la voyais pas souvent sourire. Elle aurait aimé vivre en ville et non dans cette petite commune, aussi joli nom soit-il !

Mon regret : ne pas avoir noté adolescente, jeune adulte, ce qu’elle me disait de sa vie et surtout de ne pas lui avoir poser les questions que je me pose aujourd’hui et qui désormais resteront sans réponse.

Elle aurait eu 96 ans aujourd’hui.

Mamé, je suis fière de t’avoir eu comme grand-mère, toi qui as su me transmettre tant de choses. Peut-être que mon sens de la transmission me vient de toi, du moins je me plais à le croire.

Votre grand-mère a-t-elle été importante pour vous ? Que vous a-t-elle transmis ?

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