Anaïs CURVEUR, 12 ans, Reyssouze, 1896

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« Vivez longtemps soyez heureux

Bien chers Parents ce sont mes vœux »

Anaïs CURVEUR

 12 ans

 Reyssouze, 1896

 

A la lecture des tables décennales de Reyssouze, je découvre qu’Anaïs CURVEUR, se nomme en fait Marie Anaïs COUDURIER – CURVEUR. Mais je trouve deux Anaïs, l’une née en 1884 l’autre en 1887.

Anaïs a brodé qu’elle avait 12 ans en 1896, donc elle serait née en 1884.

Je pars donc sur la trace d’Anaïs COUDURIER-CURVEUR née en 1884

Anaïs nous raconte qu’elle est née le 20 janvier 1884 à Reyssouze.

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Archives de l’Ain – FRAD001 _ EC LOT79879 – p1/23

Reyssouze est une petite commune de l’Ain au Nord de Mâcon. Elle a été créée en 1845 suite au remembrement de Gorrevod. Elle est bordée la Saône et au nord par la rivière la Reyssouze.

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Elle est certainement née dans la maison familiale, peut-être dans une ferme bressane comme il y en avait encore un certain nombre à la fin du 19° siècle.

Un grand nombre de fermes avait ces cheminées très particulières appelées cheminée sarrasine. Leur origine reste mystérieuse. Elles ressemblent cheminées aragonaises traditionnelles en Haut Aragon, dans les Pyrénées espagnoles. À l’extérieur, cette cheminée typique à l’aspect d’un minaret ou d’un petit clocher. Généralement surmontée d’une croix, elle correspond avec un foyer placé au centre de la pièce, dont on pouvait faire complètement le tour.

Ce sont des cheminées importantes par leur taille et ouverte où l’on se rassemblait pour « dépiller » le maïs, filer le chanvre.

Au XVIIIe siècle, ces cheminées étaient considérées d’un autre âge, de là, certainement, l’appellation de « sarrasines », et non pas en vertu d’une origine mauresque.

En 2007, il en restait exactement trente-quatre.

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Une ferme bressane avec cheminée sarrasine.

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Elle est la fille de Joseph Philibert COUDURIER-CURVEUR et Marie Joséphine BUCILLAT, tous deux cultivateurs.

Son père est né le 11 février 1859 à Reyssouze et sa mère le 1er février 1863 à Ozan, commune voisine.

Ils se marient à Ozan le 2 novembre 1882 (à 8 km au sud de Reyssouze).

La famille d’Anaïs est marquée par la mort de ces deux petits frères Pierre Marie Alexandre à l’âge de 4 mois et Félix Alphonse à l’âge de 17 jours. Elle aura ensuite une petite sœur de 8 ans sa cadette, Antoinette.

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Elle passe son enfance dans ce village d’environ 850 à 900 habitants à la fin du XIX°. Reyssouze est village traversée à l’époque d’une seule grande rue principale et possède une belle école – Mairie

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En 1896, Anaïs termine son marquoir qu’elle dédie à ses parents comme beaucoup de fillettes le font. On peut imaginer la joie de ses parents devant un si belle ouvrage.

Pour arriver à ce résultat, il y eu certainement de longues heures d’apprentissage.

La couture faisait partie du travail manuel. Cette activité était réalisée l’après-midi une à deux fois par semaine selon les écoles. Il était dirigé par la femme de l’instituteur si ce dernier était marié, sinon par une institutrice formée à cet effet.

Ces travaux étaient divisés en deux parties : les travaux nécessaires et indispensables tel le marquage du linge (utile pour le lavage du linge au lavoir qu’il fallait pouvoir reconnaître), le tricot et les travaux utiles et agréables comme la broderie, la tapisserie, la dentelle.

Les travaux d’aiguilles sont inclus depuis la loi du 28 mars 1882 dans l’éducation physique ce qui n’est pas le cas des travaux manuels des garçons.

Le bulletin de l’Instruction Publique indique : « Le cours moyen impose la réalisation « d’un alphabet et chiffres » sur toile, ultime étape de cette pratique débutée au cours élémentaire par l’étude du point de canevas … appliqué aux lettres de l’alphabet en commençant par les plus simples »

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Elle épouse Pierre Marie BOURGEOIS, âgé de 25 ans et cultivateur, le 5 avril 1900.

Anaïs a à peine 16 ans le jour de son mariage (la majorité nuptiale était à 21 ans à cette époque là).

En 1901, le couple est installé à Reyssouze en 1901.

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Très vite ils partiront à Mâcon à 20 km au sud de Reyssouze, sans doute pour y trouver du travail.

La fiche de matricule de Pierre fait état de 2 adresses à Mâcon.

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Rue de Paris

Je ne l’ai pas retrouvé au recensement de 1906 mais à celui de 1911, ils habitent bien à l’adresse indiquée.

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Rue de la Barre – Macon – 6MMacon_1911/2 – p 4/185

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On voit sur l’état de recensement, que Pierre est devenu tourneur, mais il n’y a pas d’enfant. Pas d’enfant non plus sur les recensements des villages où vivent leurs parents.

1914, Pierre est mobilisé et intègre le 55° régiment, le 17 août. Que fait Anaïs durant cette période ?

En 1916, Pierre est réformé pour une bronchite chronique le 11 mars 1916. Il est détaché à L’île Seguin. Participe-t-il à la fabrication du char FT17. Anaïs gagne-t-elle Billancourt ?

1918, il revient à Mâcon où il décède le 12 janvier 1918 à l’hôpital.

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Registre de Matricule Pierre Marie Bourgeois classe 1894 – Bourg en Bresse

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Table de succession Mâcon 3Q 1574 –  1916 – 1918 p 24/200

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Triste année pour Anaïs. Je perds sa trace. Si en 1918 elle habite rue Lacretelle, au recensement de 1921 et jusqu’à son décès en 1958 à Reyssouze elle n’apparaît plus, ni à Mçacon, ni à Reyssouze ni à Arbigny.

Une visite aux Archives de l’Ain s’impose

Sources :              

Reflets de Soie : http://www.reflets-de-soie.fr/

Archives de l’Ain : http://www.archives.ain.fr/archive/recherche/etatcivil/n:88

Archives de la Saône et Loire :

http://www.archives71.fr/article.php?larub=30&titre=familles-et-individus

Cartes Postales : http://www.delcampe.net

Emploi du temps : Musée National de l’Education

https://www.reseau-canope.fr/musee/collections/fr/museum/mne

Ferme bressane :

http://patrimoines.ain.fr/n/musee-de-la-bresse-domaine-des-planons/n:810

 

 

 

 

 

 

Ceux de 14 -18

En ce jour du 11 novembre, un hommage aux hommes de mes familles biologique paternelle, maternelle, adoptive et maritale.

Dans l’ensemble beaucoup revinrent mais dans quel état …

Famille Biologique paternelle : 

Jean Prosper Théodule VUILLEMARD

mon grand père

35° régiment d’infanterie

Naissance : 23/6/1897 – Décès : 18/6/1974

Il reviendra blessé et recevra la légion d’honneur en 1960,

Famille maternelle :  

Camille François MOYNE

(arrière grand oncle maternelle)

4° régiment d’artillerie de campagne

Naissance : 2/3/1894 – Décès : 9/1974

Joseph Eugene MOYNE

(mon arrière grand-père maternelle)

217° régiment d’infanterie

Naissance : 20/8/1884 – Décès : 1936

Famille adoptive paternelle :

Gustave Marie Alexandre MALNOU

(arrière grand oncle maternelle de mon père)

4° section d’Infirmiers Militaires

Naissance : 15/3/1880 – Décès : 29/11/1915

Marie Gabriel Marcel MALNOU 

(arrière grand oncle maternelle de mon père)

103 Régiment d’Infanterie

106° régiment d’infanterie

Naissance : 10/5/1887 – décédé après 1923

Jules CARDENET

(arrière grand oncle paternelle de mon père)

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65° Régiment d’Infanterie

Naissance : 1/5/1875 – Décès : 22/10/1918

Abel CARDENET 

(grand père paternelle de mon père)

261° régiment d’infanterie territoriale (261e RIT)

Naissance : 22/2/1872 – Décès : 12/3/1951

Jeanne Marie Victorine BOURNIQUE épouse ANDRE

Dimanche 30 octobre, petite virée à Nancy.

nancy-musee-des-beaux-artsVisite au Musée des Beaux Arts place Stanislas.

De belles découvertes qui feront bientôt l’objet de prochains articles

Laura Leroux-Revault, peintre (1872-1936)

Marie Anne-Collot, sculpteur (1748-1821)

Emile Friant, peintre (1863 – 1932),

Direction ensuite le Musée de l’Ecole de Nancy

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au fil des pièces de cette demeure ayant appartenu à M. Eugène Corbin, je découvre ce bel objet. Je rêve de broder sur un tel métier.

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Il est noté qu’il a appartenu à Mme André. La broderie tendue sur le métier est-elle à elle?

Je ne peux m’empêcher de laisser vagabonder mon esprit et de chercher déjà qui est cette Mme ANDRE.

De retour  à Strasbourg, je me mets à sa recherche.

Mme ANDRE est l’épouse d’Emile ANDRE, architecte. Si l’on trouve beaucoup d’information sur cet homme, il n’est jamais fait mention de son épouse. De ses fils oui, puisque ces derniers prendront la suite de leur père.

Je consulte alors les archives de la Meurthe et Moselle.

Je retrouve facilement le mariage de François Emile ANDRE avec une certaine Jeanne Marie Victorine BOURNIQUE.

Elle est née le 16 novembre 1877 à Nancy.

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Ses parents habitent à cette époque au 51 place Saint Jean aujourd’hui la place Maginot.

nancy094aSon acte de naissance indique que son père est négociant. Il a créé deux ans plus tôt, une société d’épicerie et de droguerie en gros pour un capital équivalent à 465 000€ en 2015. (source INSEE)1Sa mère est la fille du bijoutier André KAUFFER et de Joséphine KUNTZ

La famille de son père est originaire de Petitmont, proche de Lunéville, y a-t-elle appris la broderie?

Son grand-père paternel était polisseur de glace et sa grand-mère propriétaire.

Elle épousera François Emile ANDRE le 15 juillet 1902.

Elle se verra offrir lors de ses fiançailles un vase d’Emile GALLE

emile-galle-vase-encolies-1902-1291Je n’ai pour le moment retrouvé aucune trace d’un portrait de Jeanne. Une visite au archives de Meurthe et Moselle s’impose.

à bientôt pour la suite…

Sources:

Acte de naissance  : AD Meurthe et Moselle

Photos de Nancy : http://observatoiredespaysages.fr/nancy/

Photos métier à broder : archives personnelles

Photos Musée de l’Ecole de Nancy et vase Emile GALLE : http://www.ecole-de-nancy.com/web/index.php?page=presentation-men